L’Assemblée générale des Nations unies a adopté, le vendredi 4 septembre 2026, une résolution portée par le Togo au nom du Groupe africain, visant à promouvoir des cartes représentant plus fidèlement les superficies réelles des continents. Le texte, adopté par 164 voix contre une, avec six abstentions, encourage notamment le recours à des projections comme Equal Earth, qui réduisent les distorsions de superficie de la célèbre projection de Mercator.

Une résolution portée par le Togo au nom de l’Afrique
Baptisée « Correct the Map », la résolution constitue une étape importante dans une campagne menée par des pays africains pour améliorer la représentation cartographique du continent. Le Togo a porté le texte au nom du Groupe africain, avec le soutien de l’Union africaine.
Le vote a recueilli un soutien massif à l’ONU. Les États-Unis ont été le seul pays à voter contre, tandis que six États — l’Estonie, la Géorgie, la Lituanie, la Moldavie, la Serbie et l’Ukraine — se sont abstenus.
La résolution n’impose toutefois pas juridiquement l’abandon de la projection de Mercator. Elle encourage les gouvernements, les établissements scolaires, les organisations internationales et les entreprises technologiques à privilégier, lorsque la comparaison des superficies est importante, des projections dites équivalentes.
Pourquoi l’Afrique apparaît-elle plus petite sur les cartes ?
La projection de Mercator, développée au XVIᵉ siècle notamment pour la navigation, déforme les superficies lorsqu’elle représente la Terre, qui est sphérique, sur une surface plane. Plus un territoire est éloigné de l’équateur, plus sa superficie apparaît visuellement agrandie.
Cette déformation donne notamment l’impression que le Groenland est comparable à l’Afrique. En réalité, le continent africain est environ 14 fois plus vaste que le territoire groenlandais.
La projection Equal Earth, développée pour mieux respecter les rapports de superficie entre les différentes régions du monde, figure parmi les modèles encouragés par la résolution de l’ONU.
Une question de géographie, mais aussi de perception
Pour les promoteurs de « Correct the Map », l’enjeu dépasse la seule cartographie. Les cartes utilisées dans les écoles, les manuels, les médias et les outils numériques participent à la manière dont les populations perçoivent les dimensions et l’importance des différentes régions du monde.
Le Togo entend désormais poursuivre ses efforts auprès des gouvernements, des établissements éducatifs et des entreprises technologiques afin de favoriser l’utilisation de représentations plus fidèles. Le débat sur les cartes du monde pourrait ainsi progressivement s’étendre au-delà de l’ONU et modifier les supports utilisés quotidiennement.
ANKA MALI TV
