Le Ghana a achevé son opération de rapatriement de ses ressortissants exposés aux violences xénophobes en Afrique du Sud. Au total, près de 1 900 Ghanéens ont été ramenés au pays depuis le lancement de l’opération, selon le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa.

Une opération d’évacuation menée en plusieurs phases
Le dernier groupe de ressortissants ghanéens est arrivé à Accra le vendredi 4 septembre, marquant la fin de l’opération gouvernementale. Cette seconde phase, lancée après une première série de rapatriements, avait pour objectif de ramener environ 1 000 personnes supplémentaires en raison de la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs régions sud-africaines.
Les autorités ghanéennes avaient engagé cette opération après une recrudescence des violences et des actes d’intimidation visant des migrants africains, notamment dans certaines zones de Durban et d’autres centres urbains. Accra avait également saisi l’Union africaine afin d’attirer l’attention sur les conséquences de ces violences pour les ressortissants africains.
Le gouvernement a indiqué que les personnes rapatriées avaient bénéficié d’un dispositif destiné à faciliter leur retour et leur réinstallation au Ghana.
Aide financière, soins et accompagnement à la réinsertion
Le programme d’accompagnement ne s’est pas limité au transport des ressortissants vers leur pays. Les rapatriés ont bénéficié d’une aide financière à la réinsertion, d’un soutien pour leurs déplacements, de soins médicaux et d’un accompagnement psychosocial. Ils ont également été inscrits gratuitement au régime national d’assurance maladie.
Le gouvernement a par ailleurs prévu des mécanismes d’aide à l’emploi et à la réintégration économique. Des opportunités professionnelles avaient notamment été identifiées pour certains rapatriés afin de faciliter leur retour à une activité.
Le ministre Samuel Okudzeto Ablakwa a assuré que la prise en charge des ressortissants se poursuivrait au-delà de leur arrivée au Ghana, avec une attention particulière portée à leur santé et à leur réinsertion.
Quatre Ghanéens morts durant la période de violences
La crise a également fait des victimes parmi les ressortissants ghanéens. Dans son message annonçant la fin de l’opération, Samuel Okudzeto Ablakwa a rendu hommage aux quatre Ghanéens décédés durant cette période et assuré que le gouvernement continuerait d’accompagner leurs familles.
Plus largement, le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) a alerté fin août sur l’ampleur des violences xénophobes en Afrique du Sud. L’instance onusienne faisait état d’au moins quatre migrants tués et d’environ 50 000 personnes déplacées depuis le début de la vague de violences.
Avec la fin des rapatriements, l’enjeu est désormais celui de la réinsertion durable des Ghanéens revenus au pays et du renforcement de la protection des migrants en Afrique du Sud.
ANKA MALI TV
