Bamako, 6 août 2026 – À l’occasion du Grand Oral consacré au bilan des cinq années de la Transition, le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a présenté les principales réalisations du gouvernement tout en évoquant les défis qui restent à relever. Il en a également profité pour clarifier la situation des relations diplomatiques entre le Mali et l’Algérie, affirmant qu’aucune rupture diplomatique n’a jamais existé entre les deux pays.
Une mise au point sur les relations entre le Mali et l’Algérie
L’un des temps forts de cette rencontre a concerné les relations entre Bamako et Alger.
Face aux nombreuses spéculations ayant circulé ces derniers mois, le Premier ministre a tenu à apporter une clarification sans ambiguïté.
« Il n’y a jamais eu de rupture diplomatique entre le Mali et l’Algérie », a-t-il déclaré.
Selon lui, les deux États ont certes connu des divergences sur certains dossiers, mais celles-ci relèvent du fonctionnement normal des relations internationales et ne remettent nullement en cause les liens historiques qui unissent les deux pays.
Le chef du Gouvernement a rappelé que le Mali et l’Algérie partagent plus de 1 300 kilomètres de frontière, des relations historiques anciennes ainsi qu’une coopération dans plusieurs domaines stratégiques.
Une convergence de vues entre Assimi Goïta et Abdelmadjid Tebboune
Abdoulaye Maïga a indiqué que les échanges entre les autorités des deux pays permettent aujourd’hui d’afficher une convergence totale de vues entre le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, et le Président algérien Abdelmadjid Tebboune.
Selon lui, cette convergence repose notamment sur plusieurs principes communs :
- le respect de la souveraineté des États ;
- la non-ingérence dans les affaires intérieures ;
- la coopération régionale ;
- la lutte contre le terrorisme ;
- la stabilité du Sahel.
Le Premier ministre estime que ces principes constituent désormais la base d’un partenariat renouvelé entre Bamako et Alger.
Des liens humains et historiques rappelés
Au-delà des relations diplomatiques, Abdoulaye Maïga a insisté sur les liens humains qui unissent les deux peuples.
Il a notamment rappelé que plusieurs générations de cadres maliens ont été formées dans les universités et grandes écoles algériennes, citant son propre parcours à l’École nationale d’administration (ENA) d’Alger.
Selon lui, ces échanges académiques et humains témoignent d’une coopération qui dépasse largement les seules relations politiques.
Le Gouvernement présente le bilan des cinq ans de Transition
Cette intervention s’inscrivait dans le cadre de la clôture des rencontres nationales consacrées au bilan des cinq années de la Transition.
Le Premier ministre a expliqué que cette démarche répond à une volonté de redevabilité envers les citoyens.
Les différentes rencontres ont permis :
- de présenter les réalisations du Gouvernement ;
- de recueillir les préoccupations des populations ;
- d’identifier les priorités pour les prochaines années.
Les principales réalisations mises en avant
Le Gouvernement estime avoir enregistré plusieurs avancées importantes depuis 2021.
Parmi les acquis présentés figurent notamment :
Réformes institutionnelles
Le Premier ministre a rappelé :
- l’adoption de la Constitution de juillet 2023 ;
- les réformes institutionnelles engagées ;
- le renforcement des institutions de l’État.
Défense et sécurité
Le Gouvernement met également en avant :
- la montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa) ;
- le renforcement des capacités opérationnelles ;
- la reconquête progressive de certaines zones stratégiques.
Souveraineté nationale
Abdoulaye Maïga considère que la Transition a permis au Mali de renforcer son autonomie dans plusieurs domaines stratégiques.
Les réformes minières mises en avant
Sur le plan économique, le Premier ministre a insisté sur les résultats obtenus grâce aux réformes du secteur minier.
Selon les chiffres communiqués par le Gouvernement :
- plus de 760 milliards de FCFA ont été recouvrés auprès des sociétés minières ;
- 18,4 milliards de FCFA ont été redistribués aux collectivités territoriales pour financer des projets de développement local.
Ces ressources doivent permettre d’améliorer les investissements dans les infrastructures et les services publics.
Énergie : des mesures d’urgence et des projets structurants
Le Gouvernement reconnaît que les difficultés d’approvisionnement en carburant ainsi que la crise énergétique demeurent des préoccupations majeures.
Pour y faire face, plusieurs actions ont été annoncées :
- poursuite des investissements dans les centrales solaires ;
- amélioration des capacités de production électrique ;
- renforcement de la souveraineté énergétique du Mali.
Emploi et coût de la vie : des défis toujours présents
Le Premier ministre n’a pas occulté les difficultés auxquelles les populations restent confrontées.
Il a notamment cité :
- le chômage des jeunes ;
- le coût élevé de la vie ;
- l’accès aux services sociaux de base ;
- la nécessité de moderniser davantage l’administration publique.
Le Gouvernement affirme vouloir accélérer les réformes économiques afin de soutenir l’entrepreneuriat, favoriser l’emploi des jeunes et renforcer l’autonomisation des femmes.
Une nouvelle étape pour le « Mali Kura »
En conclusion, Abdoulaye Maïga a appelé l’ensemble des Maliens, aussi bien à l’intérieur du pays que dans la diaspora, à poursuivre leur mobilisation autour du projet de Mali Kura.
Selon lui, la Transition entre désormais dans une nouvelle phase.
« Le temps de la restauration de l’État se poursuit, tandis que celui de l’accélération du développement commence », a-t-il déclaré.
Ce message vise à inscrire les prochaines actions gouvernementales dans une dynamique de consolidation institutionnelle, de développement économique et de stabilité nationale.
Analyse
Cette intervention du Premier ministre poursuit un double objectif. D’une part, rassurer sur l’état des relations diplomatiques entre le Mali et l’Algérie en insistant sur le dialogue et la coopération. D’autre part, présenter un bilan des cinq années de Transition en mettant en avant les réformes institutionnelles, sécuritaires et économiques engagées, tout en reconnaissant que des défis importants demeurent, notamment en matière d’emploi, de coût de la vie et d’énergie.
