OUAGADOUGOU, 30 juillet 2026 – Le Burkina Faso et le Tchad franchissent une nouvelle étape dans le renforcement de leur coopération sécuritaire. Le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, a reçu à Ouagadougou une importante délégation du ministère tchadien de la Sécurité publique et de l’Immigration, conduite par Mahamat Ibrahim Man Man, dans le cadre des préparatifs de la prochaine commission mixte de coopération entre les deux pays.
Cette rencontre illustre la volonté commune de Ouagadougou et de N’Djaména de consolider leurs relations bilatérales et d’intensifier leur collaboration face aux défis sécuritaires grandissants qui affectent la région sahélienne.
Une coopération axée sur la sécurité régionale
Au cours des échanges, les deux délégations ont abordé les principaux axes qui seront inscrits à l’ordre du jour de la prochaine commission mixte de coopération. L’objectif est de donner un nouvel élan aux relations entre le Burkina Faso et le Tchad, avec une attention particulière portée aux questions de sécurité.
Les responsables des deux pays ont exprimé leur volonté de renforcer la coordination entre leurs institutions afin de mieux répondre aux menaces terroristes qui continuent de déstabiliser plusieurs États du Sahel.
Cette coopération devrait notamment porter sur :
- le partage de renseignements sécuritaires ;
- le renforcement des capacités des forces de sécurité ;
- les échanges d’expériences et de bonnes pratiques ;
- la coordination des stratégies de lutte contre le terrorisme ;
- une meilleure gestion des défis sécuritaires transfrontaliers.
Faire face ensemble à la menace terroriste
Depuis plusieurs années, les pays du Sahel sont confrontés à une recrudescence des attaques terroristes menées par différents groupes armés opérant dans la région. Cette situation pousse les États concernés à renforcer leur coopération afin d’améliorer leur capacité de réponse.
Le Burkina Faso, engagé dans une lutte permanente contre l’insécurité, considère la coopération régionale comme un levier essentiel pour restaurer durablement la stabilité. De son côté, le Tchad demeure un acteur sécuritaire important en Afrique centrale et dans le bassin du lac Tchad grâce à l’expérience acquise par ses forces de défense et de sécurité.
Les deux pays estiment que seule une approche coordonnée permettra de contenir efficacement les réseaux terroristes qui exploitent les frontières poreuses entre plusieurs États.
Des échanges d’expériences au cœur du partenariat
Au-delà de la coopération opérationnelle, les deux parties ont insisté sur l’importance du partage de savoir-faire entre leurs administrations.
Les échanges porteront notamment sur les méthodes de prévention, les dispositifs de sécurisation, la gestion des frontières, la formation des personnels ainsi que l’amélioration des mécanismes de coopération entre services spécialisés.
Les autorités burkinabè et tchadiennes souhaitent également développer un cadre permanent d’échanges permettant d’adapter leurs stratégies aux nouvelles formes de menaces sécuritaires.
Le respect de la souveraineté des États
Les responsables des deux délégations ont rappelé que ce partenariat repose sur un principe fondamental : le respect total de la souveraineté de chaque État.
Cette approche traduit la volonté des deux gouvernements de bâtir une coopération équilibrée, fondée sur la confiance mutuelle, le respect des intérêts nationaux et la solidarité face aux défis communs.
Analyse : une dynamique régionale qui se renforce
Cette rencontre intervient dans un contexte où plusieurs pays africains privilégient désormais les partenariats directs pour renforcer leur sécurité intérieure.
Le rapprochement entre Ouagadougou et N’Djaména témoigne d’une volonté de développer des solutions africaines aux défis sécuritaires du continent. Au-delà des aspects diplomatiques, cette coopération pourrait favoriser une meilleure circulation du renseignement, une coordination accrue des politiques sécuritaires et un renforcement des capacités opérationnelles des forces concernées.
Si les engagements pris lors de cette rencontre se traduisent par des actions concrètes, ils pourraient contribuer à améliorer la lutte contre les groupes armés tout en consolidant la stabilité régionale.
