Conakry, 30 juillet 2026 – La Guinée a réaffirmé sa volonté de conserver le franc guinéen (GNF), écartant pour le moment toute adhésion à la future monnaie unique de la CEDEAO, l’ECO. Les autorités guinéennes considèrent que le maintien de leur monnaie nationale constitue un levier essentiel pour préserver la souveraineté monétaire, renforcer leur indépendance économique et adapter leur politique financière aux réalités du pays.
Selon les responsables guinéens, abandonner le franc guinéen au profit d’une monnaie commune nécessiterait de remplir plusieurs conditions économiques et institutionnelles qui ne sont pas encore réunies. La Guinée privilégie donc une approche prudente, estimant que la stabilité de son économie et la maîtrise de sa politique monétaire doivent rester une priorité.
Cette position intervient alors que le projet de l’ECO, porté par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), connaît de nombreux reports. Initialement envisagée depuis plusieurs années, la monnaie unique n’a toujours pas vu le jour en raison de divergences entre les États membres, des difficultés à respecter les critères de convergence économique (inflation, déficit budgétaire, dette publique et réserves de change) ainsi que des évolutions politiques dans la sous-région.
Une décision qui ravive le débat sur l’ECO
Le choix de Conakry relance les interrogations sur l’avenir du projet d’intégration monétaire ouest-africain. Pour certains économistes, une monnaie unique pourrait faciliter les échanges commerciaux, réduire les coûts des transactions et renforcer l’intégration économique régionale. D’autres estiment toutefois qu’une telle réforme ne peut réussir sans une forte convergence des économies, une discipline budgétaire commune et des institutions monétaires solides.
En maintenant le franc guinéen, la Guinée confirme sa volonté de privilégier une gestion indépendante de sa politique économique, tout en continuant de participer aux discussions régionales sur l’avenir de l’intégration ouest-africaine.
Le débat autour de l’ECO reste donc ouvert, entre ambitions d’intégration régionale et défense de la souveraineté économique de chaque État.
