La rentrée scolaire 2026-2027 a effectivement débuté le 1er septembre en République démocratique du Congo, malgré la persistance de l’épidémie d’Ebola dans l’est du pays. Les autorités ont adapté le dispositif selon le niveau de risque sanitaire, tandis que les établissements renforcent les mesures de prévention et que le Syndicat des enseignants du Congo (SYECO) maintient ses revendications salariales.

Une rentrée adaptée aux zones touchées par Ebola
Le ministère congolais de l’Éducation nationale a confirmé la reprise des cours dans les 60 provinces éducationnelles du pays à compter du 1er septembre. Toutefois, la rentrée n’est pas organisée de manière identique partout : les autorités ont prévu un dispositif différencié en fonction de la situation sanitaire de chaque zone.
Dans les zones où le risque est limité, les cours se déroulent en présentiel avec des mesures de prévention renforcées. Dans les secteurs classés à haut risque, notamment certaines zones touchées par la transmission active d’Ebola, un enseignement à distance allégé est prévu afin d’assurer la continuité pédagogique tout en limitant les risques de contamination. Le ministère précise que ce dispositif repose notamment sur des fiches pédagogiques et des émissions éducatives diffusées par les radios locales, sans nécessiter obligatoirement une connexion Internet.
Les écoles renforcent les mesures sanitaires
À Beni, dans le Nord-Kivu, la rentrée s’est déroulée dans un contexte de forte vigilance. Les établissements ont renforcé les dispositifs de lavage des mains et les actions de sensibilisation auprès des élèves et du personnel éducatif. Certaines écoles prévoient également le contrôle de la température à l’entrée.
Les enseignants sont appelés à jouer un rôle important dans la prévention. Au-delà de leur mission pédagogique, ils doivent sensibiliser les élèves aux gestes d’hygiène et signaler tout éventuel signe suspect aux responsables compétents.
Cette situation demeure toutefois préoccupante dans certains établissements où le matériel sanitaire reste insuffisant. À Beni, des responsables scolaires ont notamment signalé un manque de dispositifs de lavage des mains par rapport au nombre de classes.
Le SYECO maintient la pression sur le gouvernement
La rentrée intervient également sur fond de tensions sociales dans le secteur éducatif. Quelques jours avant la reprise, le Syndicat des enseignants du Congo (SYECO) avait appelé à la non-reprise des cours et demandé aux parents de garder leurs enfants à la maison.
Le syndicat réclame notamment une revalorisation du salaire mensuel des enseignants à 500 dollars américains, ainsi que la prise en charge et le paiement des enseignants dits « non payés » et des « nouvelles unités ». Ces revendications viennent s’ajouter aux préoccupations sanitaires liées à Ebola.
Entre continuité de l’éducation, protection des élèves et revendications du personnel enseignant, la rentrée scolaire congolaise s’annonce ainsi comme un important défi pour les autorités au cours des prochaines semaines.
ANKA MALI TV
